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Ludivine et Annabelle, notre première foisJ’ai (bip) ans à cette époque. J’ai la malchance d’habiter chez des parents trop stricts. Mon père est directeur d’une société d’exportation de carburants. Il est toujours en voyage. Ma mère est directrice d’un centre de loisirs aquatiques en plein Paris. Nous habitons à Neuilly-sur-Seine. Une maison immense. Huit chambres, deux grands salons et du fric. Du fric et encore du fric. La piscine est presque un jouet pour mon père. De toute façon, il n’en profite que peu puisqu’il vole. Au-dessus de l’Atlantique, entre New-York et Paris.Je suis au collège. Mes parents croient que je suis au collège. Papa paie une école privée. Mais je suis tourmentée, au point de sécher souvent les cours. Je pars en virée parisienne avec des potes, plus ou moins potes d’ailleurs. Ça fait bien de sortir avec moi. Ils m’aiment mais moi je les aime bien.J’ai une sœur. Une grande sœur de deux ans mon ainée. C’est cool, je suis la petite dernière. Elle a essuyé les plâtres avant moi.Ma sœur s’appelle Annabelle. Elle est au lycée, en seconde. Elle a dû redoubler une fois pour en arriver là. C’est sans doute l’apanage des familles friquées. Des parents qui n’élèvent leurs enfants qu’à coups de nourrices, de réunions le soir et de « travaille bien à l’école ».Ma mère me prend toujours pour une gamine du haut de mes (bip) ans. De quoi elle se mêle ? Elle n’est jamais là, comme papa, mais quand ils sont à la maison, Annabelle et moi n’avons pas le droit de faire quoi que ce soit. C’est à peine si je peux aller au café ou chez des copains. Mais je ne dis rien, sinon j’élève la voix et ça finit par des disputes violentes. Et comme je suis souvent seule à la maison avec ma sœur et nos deux employés de maison, nous faisons un peu règles-de-papa-maman buissonnières.Aujourd’hui c’est jeudi. Il est neuf heures douze à mon radio réveil. J’ai cours à onze heures. Pour l’instant je me prélasse dans mon grand lit. J’ai mis la chaîne hi-fi en sourdine sur l’album de Nirvana. Ma chambre est la chambre d’une collégienne de (bip) ans, de sexe féminin. Un vrai bordel, des fringues en boule, des photos punaisées sur les murs, un bouquet de lys, une affiche ou deux de concerts. Mon Pc portable sur le bureau, des dizaines de feuilles de papiers qui traînent et des bouquins de cours à peine usés tellement je les ouvre souvent. La baie vitrée donne sur le balcon du premier étage. Un balcon privatif bien amusant l’été. J’écoute la musique, je regarde autour de moi en tentant de m’éveiller. Ça aurait un côté séduisant de rester toute la journée sous la couette. Pas de transport à prendre, pas d’engueulade avec les mecs de mon école, pas de coup de fil de maman à midi pour me dire qu’elle va ce soir « à une exposition littéraire » ! Ce projet me tente bien en fait. Sécher aujourd’hui encore. Ecouter de la musique, regarder des DVD et boire du jus d’orange. Danielle, une des deux employées de maison, doit être en bas à s’affairer. Papa est parti une semaine au Chili pour affaires et maman n’est pas rentrée la nuit dernière, chez une amie qu’elle disait. Danielle est la seule qui s’occupe de la maison correctement.Annabelle ne commence qu’à dix heures, d’après ce qu’elle m’a dit hier.Nous sommes proches. C’est mon rayon de soleil dans la famille. Elle m’amuse, me ravit, m’encourage dans mon peu de travail. On rigole, on danse, on claque toutes les deux le fric de papa. C’est ma grande sœur chérie que j’adore. Nous sommes complices, elle sait presque tout de mon intimité, de mes relations conflictuelles et chaotiques avec les mecs. Je sais presque tout de la sienne. Sa première relation sexuelle m’a été contée avec émotion et rougeurs mais elle y est arrivée. Ça m’a fait un petit pincement au cœur que ma grande sœur soit allée batifoler avec un mec.Je regarde par la fenêtre le ciel de mai qui se lève sur la région parisienne. J’ai les muscles endoloris par une nuit agitée. Ma main caresse mon ventre. Machinalement. L’idée de commettre un viol sur mon propre corps m’a toujours agitée. Peut-être un zeste d’esprit tordu ou une idée de petite garce en mal de sexe. Que sais-je ? Cette idée me prend toujours dans mes petits instants volés de plaisir solitaire. J’aime le sexe. Maman dit toujours « Il y a un âge pour tout, mes petites ; vous êtes trop jeunes ! Quand j’ai connu ton père je n’avais pas eu d’autres hommes dans ma vie ! J’ai fait l’amour le jour de mon mariage ! ».Oh, que je la déteste avec ses principes minables ! Si elle savait que la « petite gamine » comme elle aime me présenter s’est faite dépuceler à (bip) ans par le fils des voisins ! Si elle savait seulement que Ludivine, sa fifille, s’était fait plaisir avec un mec dans les toilettes d’un café comme une vulgaire pute il y a quelques semaines ! Si elle savait que j’ai amené deux mecs dans mon lit, dans SA maison depuis qu’on y habite. Si elle savait qu’Annabelle a connu une nuit d’émoi dans la chambre universitaire d’un grand gaillard de vingt-trois ans ! Enfin si seulement elle savait qui nous sommes …Faut dire que je ne fais pas mes (bip) ans. On me donne toujours plus. Il n’y a guère que ma « chère » mère qui me prenne encore pour une gamine.Tout ceci n’empêche pas que j’aime le sexe. Et je dors depuis un mois. Pas un mec n’est venu entre mes cuisses depuis un mois ! Quand Annabelle, il y a quelques temps, m’a raconté sa nuit, j’en étais verte de jalousie. Alors là, ce matin, je laisse traîner ma main entre mes cuisses. Je suis moite, endormie. Mes poils pubiens s’accrochent entre mes doigts. Je glisse mon index profondément. Je suis un petit peu plus humide qu’au dehors. Je caresse. Lentement, en de courts mouvements circulaires. Mes jambes frémissent imperceptiblement. Oh, que j’aimerais avoir des mains étrangères pour me faire subir ce sort-là. Oh, que j’aimerais me faire mal, toute seule, comme une grande, en me lamentant sur mon sort. J’agite mon doigt frénétiquement. Je palpe mon clitoris qui s’émoustille et se lubrifie. Avec ce traitement sommaire, j’arrive à avoir un orgasme de jeunette, de mon âge me direz-vous. Basique, minable, mais follement bénéfique. Quand je descends prendre le petit déjeuner en famille après ça, je suis de bonne humeur et maman se fait un plaisir de le dire « Ah, Ludivine est souriante aujourd’hui ! Ça change ! ».Aujourd’hui personne ne sera là pour me dire ça. Mais j’ai envie, oh que j’ai envie de me faire jouir. L’orgasme est rapide avec moi, cinq minutes de ce petit jeu et je suis au ciel pendant quelques secondes. Mon ventre se gonfle, mon cœur cogne dans ma poitrine. Mon visage s’empourpre et un petit cri se noue dans ma gorge. Et le bruit de ma peau triturée et humide volète sous la couette. Je me caresse frénétiquement au point d’avoir des crampes au poignet. Ça se passe toujours comme ça. J’aime bien faire ma petite salope avide de sensations.Aujourd’hui rien n’est différent, je me réveille toute seule. Je monte le volume de Nirvana histoire de cacher mon halètement à une présence dans le couloir. J’ai bien envie de profiter à fond de ce petit instant de plaisir. Je suis enfouie sous la couette qui tressaute au rythme de mes ondulations. Que j’aime me faire ça !Soudain on frappe. Toc, toc, toc ! Le battant beige est fermé. Mon cœur s’emballe, j’arrête mes caresses. Je demande :— « C’est qui ? »Ma sœur me répond, de ma propre voix :— « C’est Annabelle, je peux entrer ? »Zut, quelle peste ! Elle ne peut pas savoir que je me livre tranquillement à des coquineries dans mon lit, mais je développe un puissant sentiment de rage envers elle. Je demande, un peu nerveusement :— « Je suis occupée, tu veux quoi ? »Elle agite la poignée. Dieu merci, j’ai fermé à clef ! Je me lève, rabats ma chemise de nuit noire sur mes cuisses et me traîne vers le battant. J’ouvre. Elle est sur le palier en jean et en débardeur violet. Les cheveux trempés. Elle entre. Je referme derrière nous. Comme lors de nos petites soirées entre filles ou l’on s’enferme dans une chambre à clé pour parler toute la nuit. Elle me demande :— « Tu faisais quoi ? T’as pas l’air super occupée, on dirait que tu viens de te réveiller ? »— « Tu commences pas à dix heures, toi ? »— « Non, Cédric m’a appelé, son père, qui est notre prof de philo, ne vient pas ! On commence à onze heures ! Pour une pauvre heure en plus ! Et j’ai pas cours du tout cet après-midi ! »Elle sautille sur place, aux anges de pouvoir oublier l’école. J’ai super envie d’être adorable avec elle, de partager sa joie, mais mon ventre est tendu. Mes mains sont moites et mon cœur ne s’est pas calmé. Je ne souhaite donc qu’une chose. Qu’elle parte et que je me finisse. Vite fait, bien fait maintenant. Je demande un peu agressive :— « Bon, qu’est-ce que tu veux ? »— « Mademoiselle Ludi fait la gueule, on dirait ? T’étais au téléphone avec Brad Pitt ou quoi ? »En temps normal, sa remarque m’amuserait. Mais là, j’ai franchement envie qu’elle dégage. Elle ne se rend pas compte du stress qu’elle me donne. En plus je déteste quand elle m’appelle Ludi. Elle le sait et le fait exprès pour m’énerver gentiment. Je lui réponds :— « Non, Babelle, Ludi fait pas la gueule mais était occupée, tu veux quoi ? »Elle s’assoit sur mon lit. Argh ! Non ! Elle a l’air décidée à s’installer ici ! J’ai envie de la prendre par les épaules et de la pousser dehors ! Elle me fait :— « Franchement, petite sœur, qu’est-ce qui, au matin, pouvait t’occuper comme ça pour que tu ne veuilles pas de ta grande sœurette adorée ? »J’ai envie de lui répondre « À ton avis, pétasse ! ». Je suis toute excitée, c’est dingue. Je devrais me calmer mais c’est impossible. Mon ventre gonfle, ondule au gré d’un courant bizarre. Un désir de me tripoter comme jamais je n’ai eu. Et il faut à ce moment-là, dans une maison de seize pièces où nous sommes trois, que ma sœur se trouve justement avec moi. Non ! Non ! Je lui dis :— « Dis-moi vite, je te jure tu me déranges trop ! J’écrivais un truc ! »— « T’as l’air ! T’écrivais dans ta tête alors ? Je vois pas de papier ! »— « Mais oui, j’avais une idée pour un truc à l’école, un dossier que je dois rendre, tu sais bien ! Qu’est-ce que tu me veux ! »— « Je veux que tu me racontes un truc. »— « Quoi ? »— « À propos de Bastien … »Bastien est un ami. Commun à elle et moi. Et il fait partie des deux mecs qui ont franchi la porte de ma chambre pour une nuit. Son prénom me fait languir encore plus. Je repense un petit instant à ses caresses. Ouah ! Je suis en feu ! Pourquoi faut-il qu’elle vienne me parler ? Et de lui qui plus est !— « Quel est le problème avec lui ? »— « Il me plaît. J’y ai pensé toute la nuit. Je sais que t’es sortie avec. Il fait bien l’amour ? »Merde ! Il faut qu’elle me parle de ça alors que je suis morte de faim depuis deux mois !— « Qu’est-ce que ça peut te faire ? Il va pas te sauter de toute façon ! »— « T’es pas sympa de dire ça, c’est pas parce que madame l’a connu intimement qu’elle doit faire des leçons ! »— « T’es pas gênée ! C’est toi qui me demandes ! »— « Mais oui, mais je te demande comment il est ? »— « Vous en êtes où tous les deux ? »— « Il m’a… embrassée vite fait hier soir. »Argh ! Bastien, le beau brun qui a embrassé ma sœur. Il a dû prendre son pied le cochon ! Mon ventre me hante délicieusement. Je coupe court à toute volonté de s’étendre sur le sujet !— « J’ai pas envie de parler de lui. Tu le sais ! Il fait bien l’amour, oui ! T’es contente ? Laisse-moi maintenant. »Je lui fais signe de se lever mais elle s’étend sur mon lit ! La garce ! Elle me demande, semblant remarquer mon trouble :— « Tu penses encore à lui, ma princesse ? Il te manque ? »Elle m’appelle « sa princesse » quand elle décide d’être gentille et affective. Je ne vais pas devenir désagréable maintenant ! Je dis :— « Oui j’y pense parfois, mais ça te regarde pas, vas-donc le voir au lycée maintenant ! Il est pas dans ta classe, il a cours, lui ! »— « T’as une photo de lui sur ton ordinateur, je sais. Une super photo de bonne qualité, tu pourrais pas me la filer sur le mien ? »Quelle profiteuse alors. J’aime pas partager ce genre de choses !— « Qu’est-ce que tu vas faire d’une photo ? Tu le vois tous les jours ! »— « Mais c’est pas pareil ! Je suis sûre que tu le fais bien toi aussi ! »Je ne sais vraiment pas de quoi elle parle. Sincèrement. J’interroge :— « Que je fais bien quoi ? »— « Que tu regardes la photo en salivant ? »— « Mais dis-donc ! Babelle ! Dis que je suis une voyeuse ! »— « Non je dis pas ça mais, s’il te plaît, passe la moi ! »— « T’es venue pour ça en fait ? »— « Oui évidemment ! »— « Ça pouvait pas attendre un peu, merde ! Je suis occupée. J’aurais très bien pu dormir, t’aurais pu me la demander tout à l’heure à midi ! »— « Mais je la voulais ce matin ! »— « Ça change quoi ? Franchement t’abuses ! Sérieux, sœurette, tu délires ! »— « Bah je me serais offert un petit after c’est tout ! »Ça me scie. Elle prend son air boudeuse, renfrognée. Je comprends bien le sens de son « after » qu’elle m’empêche d’ailleurs de prendre actuellement. On parle de sexe toutes les deux sans tabou, mais très rarement et de façon subjective et détournée de nos activités solitaires. Autant le fait d’aborder un acte, une position, une sensation avec les mecs ne nous dérange pas, autant parler de nos côtés coquins nous trouble un peu.L’entendre me dire ça alors que je suis avide de jouissance et de caresses provoque en moi un effet indéniable. Besoin impératif de me toucher. Je lui dis, masquant mon trouble si possible :— « Tu peux te l’offrir sans regarder sa photo, t’as qu’à penser à lui ! »— « C’est pas pareil ! »— « Et puis de toute façon tu vas pas te faire un after maintenant, tu vas aller au lycée dans une heure, tu pars à dix heures et demi non ? »— « Et ben, en une heure j’ai le temps ! »Elle me fait un clin d’œil. Complicité entre sœurs en temps normal, mais soudain très troublant. Je rétorque :— « Si je te donne la photo, si j’ai bien compris, tu files dans ta chambre, tu fermes la porte et hop, au boulot ? »— « Exactement, t’as tout compris ; depuis le temps que j’attends ! »— « T’attends depuis quand ? »— « Je me suis souvenue de la photo ce matin, je me suis dit que j’allais bahis firmaları te la piquer ; j’ai attendu depuis ce temps là ! Depuis six heures, ça me chatouille ! »— « Et alors, maintenant, tu crèves d’envie d’y aller ? »Elle me tire la langue d’un air narquois !— « Tu sais pas ce que c’est que d’attendre ! »Elle se trompe … Oh oui ! Elle se trompe. Je ne mens pas avec elle, alors je dis :— « Si, je sais ! Depuis que t’es arrivée j’attends ! »— « Mais … Tu veux dire que ? Je t’ai dérangée pendant que … »— « Oui, exactement, tu comprends maintenant pourquoi je voulais que tu partes ! »— « Ma pauvre sœurette, mais je t’ai pas dérangé à la fin ? »— « La fin de quoi ? »— « Bah, juste avant l’orgasme ? Sinon je suis super désolée de t’avoir dérangée, c’est horrible de s’arrêter juste avant que ça vienne. Moi en tout cas je déteste ça. »— « Moi aussi, mais là j’étais juste au début ! Et puis sans photo ! Alors tu vois que c’est possible de le faire sans ! »— « Montre-moi la photo quand-même, s’il te plaît ? »— « Je te file mon ordinateur et tu vas dans ta chambre ! J’ai la flemme de transférer sur le tien maintenant ! »— « T’as trop hâte de retourner sous la couette ? »— « Bah, plutôt oui, alors arrête maintenant, merde ! Annabelle, tu me déranges sérieusement ! »— « Mais c’était si bien que ça ? Si impératif ? »— « Oui, moi, madame, ça fait deux mois que je me suis pas faite prendre ! »— « Mais tu te le fais toute seule quand même ? Je veux dire depuis deux mois ? »— « Oui, ben, évidemment ! »— « C’était quand la dernière fois ? »Nous voilà débridées totalement, on parle tranquillement de nos affaires intimes ! Mon désir puissant et ardent n’arrange pas ma discrétion.— « Je sais plus, ah si je sais mais t’as pas à le savoir ! »— « S’il te plaît, dis-moi, que je voie qui tient le plus longtemps sans ! »— « C’était samedi soir dernier, j’ai lu un bouquin où la nénette le faisait sous la douche, alors je l’ai fait ! »— « Ouah ; on est jeudi, ça fait six jours ! »— « Et toi alors ? »— « Moi je l’ai fait… hier matin ! »— « Mais quand ? Je suis venue te réveiller parce que ton réveil n’avait pas sonné ? »— « Dans la douche, idiote ! »— « Mais comme ça, juste avant d’aller au lycée ? »— « Bah oui, comme ça ! Bon ! La photo ? Que j’aille dans ma chambre comme tu dis ! »— « Prends mon ordi sur le bureau et laisse-moi ! »— « Tu vas le faire ? »— « Si tu ne me coupes pas mon plaisir en restant là, oui ! »— « Hihi, Ludivine ça me fait tripper, les deux filles de la maison qui se masturbent en même temps ! »— « Peut-être pas en même temps, avec Bastien tu vas y aller vite fait, et moi comme une conne je vais durer longtemps ! »— « Bah, pourquoi tu regardais pas la photo ce matin ? »— « Parce que je l’ai jamais fait en regardant Bastien tiens ! »— « Bah c’est pas trop tard ! »— « À moins de faire le transfert pour que tu aies la tienne, ce qui va prendre longtemps à mon goût, je vais pas mater la photo ce matin ! Je commence dans pas longtemps moi, madame. »— « Bah t’as qu’à la regarder avec moi ici ? »Voilà que ma sœur m’invite à me masturber en sa présence ! Je suis une grosse folle. Mais si nos dialogues furent parfois hard, jamais nous ne nous étions vues mutuellement en action ! Elle se lève lentement, prend mon ordinateur portable, le pose sur mon lit et s’allonge sur le ventre. Elle allume la machine. Je lui dis :— « Mais tu vas rester là ? Je vais faire comment, moi ? Je vais dans ta chambre ? »— « Non, tu viens là, à côté de moi, on regarde la photo et hop ! »— « Mais je vais pas me caresser avec toi à côté … Je gémis moi … Je le fais attentivement, donc… »— « Mais moi aussi je gémis, tu crois quoi ? Je vibre, je tremble, j’explose ! Viens donc là, merde ! »— « Mais enfin … Annabelle, honnêtement ça me gêne, ça va me faire trop bizarre ! »— « Je croyais que Ludi était impudique ? »— « Bah t’es ma sœur quand-même ! »Elle cliqua sur mon dossier « photos » et agrandit la photo de Bastien. Mon Dieu ! Qu’est-ce que ce garçon m’avait rendue folle dans ce lit ! On avait fait l’amour plein de fois, de mieux en mieux à chaque fois ! Tout ça pour qu’il finisse par me dire qu’il trompait sa copine et qu’il préférait retourner avec elle ! Et ma sœur qui le convoite maintenant ! À propos de sœur, je la regarde à nouveau : elle est sur le ventre et semble bien décidée à se tripoter sur mon lit. Je lui dis :— « Franchement, Babelle, tu vas le faire avec moi dans la pièce ? »— « Bah c’est rien, mince ! Tu m’a déjà vue toute nue non ! »— « Oui évidemment, mais pas dans une situation comme ça ! »— « Mais de toute façon je vais pas me mettre toute nue alors ça change rien, je peux me faire plaisir sans me déshabiller ! »Elle éclate de rire, ce n’est pas drôle pourtant. Mais elle m’excite avec son naturel troublant. Oui, ma sœur m’excite. Je lui demande :— « T’as jamais refait l’amour depuis ? »— « Depuis Ludovic ? »— « Oui ? »— « Non, jamais. Je t’aurais dis. »— « Pas forcément, des fois que t’aies été particulièrement inventive. Je suis sûre que si tu faisais l’amour, par exemple dans les toilettes des Galeries Lafayette tu me dirais pas. T’aurais honte de ce que je pourrais penser de toi, hein ? Je sais bien que tu veux que je t’imagine pépère au lit ! »Elle riait encore plus à présent. Elle demande, secouée de hoquets joyeux :— « Tu fantasmes méchamment de faire l’amour dans les toilettes des Galeries ou quoi ? Je n’ai jamais pensé à ça ! »— « Bah, je te vois bien avec Ludovic dans les toilettes pour dames ! » — « T’exagères franchement, j’ai fait l’amour deux fois dans ma petite vie merdique. Deux fois cette nuit-là avec Ludo ; tout ça pour me faire plaquer et ne plus connaître ça ! »— « Je te plains pas ! Ça fait encore que peu de temps ! Moi, imagine un peu ! Deux mois avec mon oreiller, mes doigts ou la douche comme seuls compagnons ! »Le ton de la plaisanterie était léger. Elle devient pourtant rouge. Elle demande, troublée :— « Ton oreiller ? »— « Oui, mon oreiller ! Tu t’es jamais, machinalement, frottée contre ton oreiller ? »— « Bah non. Non vraiment pas ! »— « Tu rates quelque chose ! C’est vachement bon, tu le roules entre tes cuisses et voilà, ça marche ! »— « J’essayerai une prochaine fois ! »À présent elle a les joues en feu. Moi-même je me sens brûlante. Des milliers d’aiguilles foisonnent dans mon ventre … Oh mon Dieu ! Je dis :— « Bon, chérie, maintenant tu te barres. J’étais tranquille, j’avais mis la musique, la porte était fermée et j’avais une demi-heure ! Et te voilà pour foutre la merde ! »— « Je vais pas te déranger, je vais me faire toute petite ! »— « Toute petite, toute petite, comment veux-tu te faire toute petite avec tes doigts entre tes cuisses ! Tu plaisantes ! Et puis, de toute façon, même toute petite, je peux pas me faire plaisir tranquillos ! »À ce moment-là, elle se retourne sur le dos, dans un grand froissement de tissu. Elle est jolie, ma sœur. Elle mesure un mètre soixante-huit, pèse cinquante-cinq kilos. Elle a les cheveux brillants, châtains et de grands yeux très expressifs. Des lèvres épaisses aussi, très jolies et un rien aguicheuse.Elle est là sur mon lit, dans son débardeur violet moulant, son jean court qui dévoile son nombril. En chaussettes blanches. Je ne vais pas me mettre à désirer ma sœur ! J’ai presque honte de moi à l’instant. Envie de courir chez un psy et de lui dire « monsieur, monsieur, aidez-moi je regarde ma sœur avec convoitise ! ». J’ai l’impression bizarre de faire quelque chose d’interdit ! Pourtant je ne fais rien de mal, on est à trois mètres l’une de l’autre, moi debout sur le plancher et elle alanguie sur le lit ! Elle me dit :— « On est des petites connes ! Chacune empêche l’autre de faire ce qu’elle veut ! Moi je suis dans ta chambre, je t’embête alors que t’es en tenue adéquate pour te caresser. Toi tu m’embêtes parce que j’ai pas envie de partir de ce lit ! Il est tout chaud, y a l’ordi posé dessus et je suis doucement tendue ! »— « Pourquoi je suis en tenue adéquate ? Tu penses que ma chemise de nuit noire est une fringue « pousse-au-viol » ? »— « Bah oui, plutôt ! En tout cas, c’est plus pratique que mon jean culotte. » me répondit-elle avec un petit sourire narquois, les sourcils arqués.— « Bah c’est pas de ma faute si tu t’es habillée, t’avais qu’à le faire avant au lit ! »— « Mais j’attendais la photo ! »— « T’avais qu’à venir me la chercher en nuisette ! »— « Dis-moi, Ludi, tu crois que c’est mal si j’ai envie de cet after maintenant ? »— « Devant moi, oui ! »Là, dans un instant épouvantable, elle défait les boutons de sa braguette dans un crissement de métal. Je sens un frisson me parcourir. J’ai envie de quitter la pièce en hurlant mais en même temps, j’aimerais surprendre ma grande sœur dans son instant magique. Et cette dernière hypothèse me fait peur ! En une seconde des gouttes de sueur perlent sur mon front. Mes mains déjà moites me semblent refroidir totalement et s’humidifier encore plus. Je l’interromps :— « Hé ! Hé ! Stop Annabelle ! Tu fais quoi là ? Moi j’ai rien demandé ! »— « Je fais rien, ça me serre c’est tout ! J’ai trop de kilos ! Et puis tu m’as déjà vue enlever mon fut’ à la piscine ou à la gym ! Et dans la maison de vacances pour bronzer ! Ça t’a jamais fait cet effet-là ! Pourquoi tu râles ? »— « Oui, mais dans la maison de vacances ou à la piscine, que je sache, t’avais pas le projet de t’offrir un after ! »— « Ma foi à la piscine je dirais pas non, dans les cabines privées, ça peut être marrant, non ? »— « Babelle, t’es la plus pure dépravée que j’ai jamais vue ! T’es un scandale sur pattes. »J’aurais voulu que mon ton soit détaché et un tantinet rouspéteur mais ma voix est chevrotante, un peu émue et cassée plus qu’autre chose. Annabelle réplique :— « Ça fait dix minutes que je suis là, dont dix minutes que tu crèves de faim ! Ça a bien dû retomber ! »— « Non, figure-toi ! Ça grimpe de minute en minute ! »Elle tend son bras vers ma chaîne et pousse encore le volume. La guitare électrique résonne dans la chambre, couvrant presque nos voix. Elle écarte les pans béants de sa braguette et tortille son bassin pour baisser son jean jusque sur ses cuisses. Sa peau blanche et douce, parsemée de petits grains de beauté est délicieusement enivrante à mes yeux. Merde ! Je n’ai jamais regardé une nana de ma vie, j’ai peut-être convoité mes copines bien roulées mais c’est tout ! J’ai l’impression d’être un garçon qui bave devant une femme. Je suis toute rouge, Annabelle me fait :— « Tu vas pas rougir comme ça pour ça ! C’est rien ! »— « Mais… mais… mais je te préviens, t’avise pas de le faire ici ! Ça suffit ! »Je prends enfin mon ton autoritaire. Elle cesse de relever son débardeur sur sa poitrine. Elle me regarde et me dit :— « C’est vrai. Je suis une conne, pardon. Je sais pas … Franchement je sais pas ce qui me prend. Excuse-moi. Je m’en vais. »Elle se lève, remonte son jean, reboutonne sa braguette. Elle arrange ses cheveux et court vers la porte. Elle déverrouille le battant et quitte la pièce en coup de vent en refermant violemment derrière elle.Je reste là debout, vidée totalement. Mon excitation est retombée d’un coup. Comme l’eau du riz qui gonfle et s’affaisse lorsqu’on coupe le gaz. Ma tête tourne un peu. Mais qu’est-ce qui m’arrive ? J’ai honte d’avoir vu Annabelle comme ça. J’ai honte d’avoir saisi sa dépravation. J’ai honte de l’avoir laissée faire ça, entamer son strip-tease sur mon lit ! Mais merde ! Qu’est-ce qui lui prend ce matin ? Où est passée ma sœur normale ? Celle qui venait dans ma chambre pour discuter des heures sans gêne et sans problèmes !Et puis j’ai aussi honte d’avoir crié. Je ne hausse jamais la voix contre elle. Je ne suis pas son aînée et je l’adore presque viscéralement. Oh mon dieu ! Elle est troublée elle-même, du fait que j’ai crié mais sans doute aussi de ce qu’elle a tenté de faire !Où était le problème, en plus ? Il n’y a pas eu de contacts entre nous, je n’ai rien fait de mal et elle non plus. Il va falloir que j’aille m’excuser. Je suis dépitée. La pointe acérée du désir s’en est allée loin de moi. Mes yeux s’emplissent de larmes. Pardon, ma grande sœur … Pardon.Je saisis le portable sous le bras, ouvre la porte et débouche sur le palier. L’immense couloir sombre est bordé de portes. La chambre d’Annabelle est au bout à gauche. L’œil-de-bœuf protégé de fer forgé illumine le dégagement près de sa chambre. Je frappe. Pas de réponse. Je frappe plus fort et dis :— « C’est moi, ouvre, faut que je te cause ! Je vais pas râler ni rien, ouvre Babelle c’est urgent ! »Elle ouvre immédiatement. Elle devait être appuyée contre le battant à l’intérieur. Elle me fait entrer et, rituel oblige, referme à clé. Je lui dis :— « Je t’ai amené l’ordi. Il est en veille sur la photo je pense ! Excuse d’avoir râlé, y avait rien de méchant. »— « Je voulais rien faire de mal. »— « Je sais ! Mais on avait pas l’habitude de parler de nos histoires de filles solitaires, alors j’ai été troublée c’est tout. Et comme je me masturbais quand tu es entrée, j’étais encore plus gênée. Mais c’est pas vraiment ce que tu penses … J’étais gênée de te voir si libérée. Et comme j’allais encore sur mon excitation ça m’excitait encore plus. J’en avais pas après toi … J’étais frustrée d’avoir dû arrêter et en même temps dix fois plus excitée qu’on en parle. »— « Je m’en suis doutée ! »— « Bon, alors voilà, je le pose là et tu te débrouilles avec la photo … »— « Tu fais quoi ? »— « Je pars, je vais me doucher ! »— « Je t’ai coupée, je suis lamentable … »— « Non, non, de toute façon j’ai plus envie, alors … »— « Tu vas me laisser seule ? »— « Quoiqu’il soit arrivé je t’aurais laissée seule … Tu veux pas que je t’accompagne tant qu’on y est ! »— « Pourquoi pas ? »Nouvelle décharge dans le ventre. Bien profonde. Je suis une tarée. Je pense que mon seul souhait à cet instant est de partager le plaisir de ma sœur. Merde ! Je vais partir à l’école dans pas longtemps, nous sommes toutes les deux et j’ai envie depuis ce matin de me tripoter. Pourquoi hésiter ? Elle me propose, je dispose. Tant pis si c’est limite i****tueux … Je me posais beaucoup de questions à l‘époque, cela n‘a pas duré longtemps avant que je lâche kaçak iddaa complètement ma libido et fasse sauter réticences et remords. D’ailleurs je rétorque :— « Bah ok, pas de problème. »— « Tu… tu plaisantes ? »— « Non pas du tout, alors, tu nous la montres, cette photo ? »Elle soulève l’écran de l’ordinateur, Bastien est là, souriant, bronzé. Elle clique deux fois. Son visage apparaît à taille réelle sur le moniteur. Elle s’assoit au bord de son lit et recommence son strip-tease de tout à l’heure. J’ai encore honte, je me sens toute gênée, mais je résiste. Son jean tombe sur ses genoux, elle remonte son débardeur et le coince sous son menton. Elle glisse ses doigts dans sa culotte et l’abaisse légèrement. Son sexe est couvert de toison brune. Le mien est plus clair … Petite différence. Elle enfourne son index entre ses grandes lèvres et il disparaît totalement. Elle s’allonge sur le lit, avec une lenteur exagérée. Elle voudrait m’exciter qu’elle ne s’y prendrait pas autrement ! Quelle aguicheuse ! Je me sens toute chose. Lasse et, en même temps, tendue comme jamais je n’ai été. Je m’approche de son lit défait. Me pose à ses côtés. Mon cœur bat à 200 à l’heure. J’ai les mains moites, les jambes lourdes. La bouche sèche. Elle me dit :— « Alors, Bastien t’émoustille ? »— « Bah… bah… non. C’est toi qui m’émoustilles. Lui je m’en fous. Il m’excitait au lit, mais là, franchement non ! »— « Je te fais de l’effet, ma princesse ? » demande-t-elle d’un air que j’espère surpris et pas volontairement intéressé. Pourtant j’en doute.— « Oui … Oui … De te voir là, faire ça ! »Je remonte ma chemise de nuit. Je suis toute nue dessous, bien entendu. Elle me regarde, sourit. Elle dit :— « T’étais tranquillos toute à l’heure, toute nue comme ça … »N’y tenant plus, j’entame moi aussi un doux va-et-vient sur mon clitoris. Oh mon Dieu, que c’est bon ! Mon plaisir qui avait décru s’embrase à nouveau.Nous sommes là, toutes les deux, en train de nous masturber. Elle ferme les yeux. Oh mon Dieu, qu’est-ce que je fais là ? Ma main se promène entre mes grandes lèvres humides et chaudes, la pulpe de mon index titille mon abricot. Depuis le temps que j’attends le moment où, fondante, je me laisserai happer par le plaisir venu de loin. Mon Dieu, elle est ma sœur, qu’est-ce que je peux être idiote, comment la regarder en face dans nos prochains (rares) dîners en famille ? Et puis zut, tant pis, elle a aussi ses doigts entre ses cuisses et elle ressent la même chose que moi. Le mot « honte » n’existe pas. Elle a son débardeur violet et ses cheveux humides. Je fais bien pâle figure avec ma chemise noire. Bien qu’excitante à en mourir d’après Babelle. Merde, qu’est-ce que je fabrique ! Mon ongle heurte ma peau délicate. Pour un peu, je miaulerais. Annabelle sait se faire plaisir. Dire qu’elle le fait toute seule au petit matin pendant que je dors encore. J’en suis jalouse, je crois. Dire qu’après nos conversations d’avant dormir, elle s’offre son petit after. Penser qu’elle a pu avoir dans sa carrière de petite branleuse bourgeoise, un orgasme de plus que moi me rend dingue. D-I-N-G-U-E !!Allez, parce que c’est comme ça, je fais « ah » avec un bruit de gorge qui vient de loin. Annabelle n’arrêtera pas pour autant pour s’enquérir du bien-être de sa sœur. Elle travaille délicatement à se faire plaisir, puis plus du tout délicatement avec un doigt et l’autre. Il ne manquerait plus que les miens et le boulot serait parfait pour tout le monde. Oh non ! Je m’imagine encore participer aux ébats solitaires accompagnés de ma sœur. Le psy, vite le psy !Tout s’emballe, tout va trop vite, impossible de s’arrêter, juste se laisser aller. Pourquoi je ne sais plus écrire ni penser en ordre ? Parce que c’est l’orage dans ma tête ? Je lâche, à qui veut l’entendre, un autre puissant gémissement. Annabelle n’arrêtera pas son lent et insupportable travail. Je sais … Elle pourrait crier que je ne me soucierais pas d’elle pour autant. D’ailleurs voilà qu’elle émet un petit halètement que je ne lui connais pas. Parfois à la fin de séances de chatouilles … Mais sinon ? Et puis je ne saurais jamais ce qui lui prend lorsqu’elle atteint les cieux. Je suis déçue. Ça me couperait presque dans mon insolite plaisir solitaire. Merde, de quel droit ne pourrais-je pas vivre ce qu’elle va obtenir par ses doigts ? Aïe ! Un voile de perles de sueur s’épanche sur ma gorge palpitante. Mon cœur cogne et s’arrête un instant. Mon ventre s’embrase dans une pluie de cendres chaudes, un tourbillon bouillonnant et bruyant. Les sensations affluent. Comme la pluie qui tombe en cadence dans une chaude, humide et étouffante forêt interdite. Que vais-je bien pouvoir dire à Babelle pour justifier la petite larme qui naît au creux de mon œil droit ? J’ai tellement envie de poser mes lèvres sur la peau blanche et tellement malléable du ventre de la Belle. Justification ? Annabelle j’ai JUSTE envie de t’embrasser ? Ça ne tient pas debout… À l’aide ! … JE JOUIIIIIIII !!!!X—oooOooo—XAnnabelle s’est rhabillée à vitesse grand V.D’abord la culotte avec ses doigts mouillés puis le pantalon, deux ou trois boutons. Elle a arrangé son incroyable débardeur violet moulant sur son joli ventre et s’est assise au bord du lit. Les draps défaits. Elle a passé les doigts dans ses cheveux près de ses tempes humides. Comme si elle venait juste de terminer la résolution d’une improbable équation et que le calcul lui avait donné chaud. Juste un zeste de mathématique matinale. Elle m’a regardée ensuite avec les yeux un peu embués. Deux diamants éclatants. Ses lèvres bien remplies se sont décollées l’une de l’autre et elle m’a dit :— « Franchement désolée, petite sœur. Allez, je pars au lycée, marcher me fera du bien. »Elle a saisi son sac à la volée puis s’en est allée, laissant la porte ouverte et m’adressant un signe de la main sans me regarder. Et moi, Ludivine, quatorze ans, je suis restée comme une conne sur le lit de ma sœur à fixer le mur devant moi à me demander ce qui était en train de se passer. J’avais le ventre juste assez brûlant pour être rassasiée. Le petit travail solitaire avec mes doigts comme amis s’était bien terminé. Pas seule sous ma lourde couette dans ma chambre mais avec ma sœur, sur son lit.C’était une fin originale. Irréelle mais … Tellement réelle.Trop tard pour articuler un « Annabelle, reviens ». Elle était loin. Ma main collante restait mollement avachie sur les draps de ma sœur.Comme j’avais pu détester qu’elle vienne m’interrompre dans ma masturbation … Comme j’avais pu détester qu’on se fâche après sa tentative avortée de strip-tease dans ma chambre.Comment j’avais pu devenir la petite sœur dépravée qui s’était faite jouir, assise à côté de sa grande sœur ?J’avais juste peur. Peur qu’Annabelle ne cesse de penser à ça pendant sa journée de lycée, peur qu’elle en pleure, peur qu’elle ait peur de moi. Je n’avais pas été raisonnable. Du tout. Mais c’était bon !Comme c’était bon de la voir se déshabiller si gentiment devant moi, comme c’était agréable de m’être pervertie en sa présence. Je suis certaine qu’elle avait, elle aussi, pris son pied. Mais elle ne le dirait pas, tout comme je ne le lui dirais pas. Nous étions deux petites pestes. Certainement trop gâtées.Je m’allonge sur le ventre sur son lit. Les draps sont bleus et froissés. Son oreiller est saccagé. Et dire qu’elle jure n’avoir jamais utilisé cet accessoire pour jouer ! Je colle mon nez sur le tissu et inspire à fond. L’odeur du parfum de ma sœur, “Flower by K”, y est mélangé avec une odeur douce-amère de sueur. Je pose ma langue sur son oreiller. Me voilà fétichiste maintenant ! J’ai parfois eu peur pour moi mais jamais autant qu’aujourd’hui. J’ai soudain follement envie de fouiller sa chambrer. Pourquoi ? Impossible de vous le dire, mais sans doute pour plonger dans son intimité, au plus profond de ses secrets.Je me lève et me dirige vers son méchant bureau, un meuble à angles droits agressifs. Un véritable bordel. J’ouvre le premier tiroir, elle y a sa broîte à secrets. Son journal personnel dont je lirais bien une petite tranche. Des revues de femmes. Et évidemment une chose sur le sexe : « 1001 façons de rendre fou un homme au lit ».Je feuillette. Les pages sont abîmées. Je suis certaine qu’elle l’a volé. Il y a également une broîte de préservatifs. Parfumés à la fraise pour les douces papilles de madame. Je vois mal ma sœur tailler des pipes mais je dois me faire une raison car je vois encore plus mal l’utilité de l’arôme fraise entre les cuisses. Il y en a un hors de son emballage. Il est déployé. S’amuserait-elle toute seule avec une capote ? Moi-même, trois portes plus loin, dans le fond de mon armoire, j’ai une broîte identique (sans arômes pour moi, merci) dont les locataires ont souvent couvert des objets inadaptés pour les accompagner dans mon vagin. Babelle s’amuse-t-elle aux mêmes jeux que moi ? Ça serait tellement excitant. Je mets le préservatif dans ma bouche. Sûr qu’elle s’en est amusée d’une façon ou d’une autre. L’a-t-elle utilisé pour visiter le gouffre entre ses jambes, ou sa bouche, ou ailleurs ? Putain ! Je désire ma sœur d’une façon incommensurable ! J’ai honte …Mon cœur s’emballe, je cherche à tout prix un moyen de toucher de la bouche un objet qu’elle a touché elle aussi. Je me délecte à faire des léchouilles au goulot de sa bouteille d’eau qui ne comprend pas ce qui lui arrive. « D’habitude elle boit mais ne me lèche pas » se dit-elle. Et puis soudain jaillit l’idée merveilleuse de sa brosse à dents. Je cours vers la salle de bain privative. Le paradis pour la sœur en folie. Serviette de bain, cheveux, brosse à dents et panier à linge. Je plonge les mains dedans. Tout un tas de fringues et surtout … Petites culottes. Mais qu’est-ce que ça peut cogner dans ma poitrine !Je suis certaine d’être à la merci d’un nouvel orgasme psychologique. Elle ne roule pas ses culottes en boule et l’une d’elles est encore humide. Douce et collante. Je ne vais pas oser le faire ? Et bien si ! Je la pose contre mon nez et ma bouche et inspire à pleins poumons l’odeur enivrante de l’intimité de ma sœur. Orgasme imminent. Ma langue récolte tout ce qu’elle peut trouver, j’en pleurerais presque.Encore ! Encore ! Encore ! réclame mon corps tout entier, mes papilles et mon palais soumis à rude épreuve. Ma chemise de nuit ne couvre rien de moi et je dégouline le long des cuisses. Je trouve une autre culotte humide et l’enfile pour la sentir se coller contre mon sexe. Mon idée première était sa brosse à dents. Elle est là, dans le gobelet, dégoulinante. Aussi loin que remontent mes souvenirs, aucune pensée du troisième type concernant ma sœur n’a été l’ordre du jour. Comment donc, un matin de mai, ai-je pu à ce point changer ma façon d’être. Annabelle me parle masturbation et me voilà prête à bondir dans la plus pure perversion. Nous pratiquons la relation sexuelle par mains interposées et me voilà totalement dépravée, noyée dans un besoin d’odeurs, de chair et de fluides.Le lavabo est plein de cheveux. Annabelle et le ménage, ça fait deux. Tout est allé tellement vite sur son lit, si j’avais continué seule à me caresser dans ma chambre je n’aurais pas eu l’impression de n’avoir pu me concentrer correctement sur mon plaisir. J’étais focalisée sur la puissante présence de ma sœur au point d’en oublier le point culminant de mon plaisir. Je ne sais même plus comment c’était ! J’en regrette presque de n’être pas restée parfaitement solitaire sous mes draps. Au moins mon esprit n’aurait pas cavalcadé à plus de cent à l’heure et j’aurais excellé en matière orgasmique. Quelle bêtasse je fais, me gâcher le seul vrai plaisir de la vie. Mais, en même temps…J’ai envie de me taper Babelle tout de suite. Dans mon âme tourmentée et probablement obsessionnelle, tournent mille et une façons de capturer ma sœur et de la faire venir dans mon lit. Il va falloir y réfléchir sérieusement. Comme un trophée de guerre, je récupère la culotte humée et garde celle fichée entre mes cuisses puis quitte la salle de bain, tâchant de remettre la chambre de madame en ordre. Je ne suis pas si vilaine que ça, la petite fouille de l’antre de ma sœur ne m’a pas amenée jusqu’à l’orgasme. C’est repousser pour mieux sauter, comme dirait l’autre. Quoique « sauter » ne soit pas vraiment …Comment tuer le temps à présent ? Je n’ai qu’une idée en tête, revoir Annabelle et en reparler. Je ne l’ai même pas touchée, je n’ai pas de bile à me faire ; pourtant je suis tiraillée entre la sensation d’avoir fait quelque chose de mal et la douce angoisse de retenter ma chance. Je grimpe dans ma propre douche, décidée à en découdre avec les traces dégoulinantes sur le haut de mes cuisses. Le jet brûlant du pommeau me fait décrocher quelques minutes. Je m’habille à la hâte, jean serré, tee-shirt noir moulant avec quelques paillettes argentées sur le devant. Ce dernier n’arrivant bien sûr que quelques centimètres au-dessus du nombril. Je coiffe mes cheveux châtains, enfile une paire de “Converse” vertes et quitte la maison en saluant Danielle, la femme de ménage.Le trajet jusqu’au collège me fait longer la voie du RER et son trottoir bondé. Je mate toujours les garçons, c’est comme ça depuis longtemps et je me demande si ça changera un jour. Mon baladeur sur les oreilles, mon air de « déjà-prise » et me voilà inaccessible. C’est totalement con comme comportement puisque j’ai envie de choper un mâle, mais je veux avoir tout le loisir de choisir. Alors je me reconnecte à la terre quand une proie est en vue … Il y en a une qui traîne à ma hauteur … Un grand blond mince et super bien fringué.Je m’accorde un bruit sourd et inaudible réservé aux femmes devant leurs proies … Ou aux chiennes. Il ne lève pas les yeux et me voilà seule. Ah non … J’oublie Annabelle qui occupe presque entièrement mon esprit. Je ne tiens plus, je sors le portable, compose un 06 11 et quelques chiffres. Il est onze heures quinze. Babelle et moi commencions à heure pile. Tant pis si j’arrive encore en retard, de toute façon c’est mon plus gros défaut. Je me prends à souhaiter que ma sœur en fasse autant pour que j’ai une chance de l’avoir au téléphone. Elle décroche :— « Ma kaçak bahis princesse ? T’es pas en cours ? »Putain ! j’adore quand elle m’appelle « princesse », surtout maintenant.— « Je suis sur le chemin du collège ma chérie. Dis-moi, je sais pas comment te dire ça mais depuis tout à l’heure je suis un peu déboussolée. »— « Ah … »— « Oui, ne le prends pas mal, mais ce qu’on a fait me trouble en peu, je … je … j’espère que tu n’es pas choquée ou quoi que ce soit ? »— « Ma petite sœur se soucierait-elle de mon état psychologique ? »— « Bah …Je me doute que t’es pas à l’article de la mort, mais je voulais m’assurer que … »— « Ludi ? »Elle prend sa petite voix toute douce, comme celle qu’elle utilise quand je viens lui dire bonne nuit et qu’elle est déjà au lit « Ludi, tu peux arranger ma couette siti plaît ? » … Argh !!! Je craque encore plus si cela était possible.— « Oui, ma Babelle ? »— « Moi aussi je suis un peu déboussolée. Mais pas dans le mauvais sens.Je ne sais pas ce que j’ai vraiment envie d’entendre. »— « Mon chou, moi non plus c’était pas dans le mauvais sens. Simplement j’y repense. Ça me saoule un peu, ça s’en va pas. Je t’ai même pas demandé si t’avais eu une fin grandiose ? »— « Et toi ? »— « Dis-moi d’abord … »— « Je me sentirais coupable de te dire « oui » si tu me disais « non » … »— « Tu sais bien que je vais dire « oui ». Tu m’as pas entendu gémir ? »— « T’aurais pu simuler. »Elle part d’un grand éclat de rire.— « À quoi ça me servirait ? À part accompagner un mec dans son dernier instant … Mais avec toi ? »— « T’aurais pu penser que ça me plaisait de t’entendre. »Elle m’ouvre des boulevards. Cette conversation faite de non-dits et de sous-entendus notables m’est infiniment sexuelle. Je tente :— « Et c’était le cas ? »— « Ludi, je vais devoir aller en cours. Je travaille, moi, contrairement à d’autres … »— « Tu n’as pas répondu … »— « À ton avis…? Ton bien est mon plus grand plaisir. »— « Babelle, je peux te demander un truc ? »— « Yep ? »— « Est-ce que je te dégoûte ? »Je ne sais pas pourquoi je demande ça. Ni dans quel sens. Je rajoute :— « Je veux dire physiquement, et psychologiquement aussi si c’est ce que tu penses. »— « Chérie, me fais pas de psy au téléphone, j’aime pas quand t’es comme ça. »— « Dis-moi, je t’en prie. »— « Non et non. »Un petit souffle rauque. Elle rajoute avec une agressivité contrainte :— « T’es contente ? »— « Oui … Babelle … Je dois te demander … Si on s’étaient touchées, ça aurait été grave ? »— « Gravissime, mon petit poussin. Gravissime. »— « … »— « Mais non, je blague. Allez, chérie, gros bisous baveux, je te laisse. »— « Tu m’as pas dit pour ta fin grandiose … »— « Brûlante serait le terme juste. Ciao … »Et elle me raccroche au nez. A-t-elle réellement saisi le sens de ma question ? Je m’installe moi aussi en cours. Obligée de saluer les potes alors que je suis à des milles et des milles de toute civilisation normale. En plein milieu du cours d’histoire-géo mon téléphone grésille. Un message d’Annabelle :« Si tu brûles tan que ça ddans ta ka faire un tour ds les toilettes de ton école de riche soulage toi te plu a 1 fois près 😉 »Me voilà rouge cramoisi au milieu du cours. Ma voisine Stéphanie me demande :— « Ben, Ludivine ? Tu viens de parler à Dieu ou quoi ? »Et le professeur d’intervenir :— « Mesdemoiselles Stéphanie et Ludivine, voulez-vous bien vous taire. Ludivine, je ne savais pas que la révolution russe te faisait autant d’effet. Mais c’est bon signe. »Toute la classe se marre et je n’en deviens que plus rouge. Voilà que ma garce de sœur se met à entretenir une conversation érotique avec moi. Elle ne sait pas que le feu me dévore. Je me pose une question folle : « Et si c’était pareil pour elle, si désormais un rien l’émoustillait, si elle aussi avait envie de ce dont j’ai envie. »Elle va rentrer à midi de son lycée. C’est décidé, je sèche mon après-midi.Le temps passe entre interrogations et excitation ambiante et enfin je m’en retourne chez moi. Fini le baladeur et le plan « recherche masculine », je trace mon chemin, coupant à travers la ville. Il est 12 h 23 quand j’arrive par la porte de derrière. Le petit cagibi carrelé sert de dépôt à chaussures, je tente de trouver celles d’Annabelle dans l’élevage disséminé à terre. Elles sont là. Elle est rentrée. Je monte l’escalier quatre à quatre et la trouve sur le palier en train de ramasser son sac de cours. Elle me dit :— « La courroie s’est cassée, quelle saleté. »Je m’accroupis et elle me demande tout de go :— « T’as reçu mon texto ? »— « Oui. Et si tu veux tout savoir, je ne suis pas allé dans les toilettes. »Ma main accroche la sienne qui ramasse un livre sur le plancher. Ses doigts sont doux, fins et soyeux. Ses ongles blancs sont parfaitement limés. Elle lève un œil brillant vers moi, à-demi masqué par une épaisse mèche châtain qui barre son visage. Elle questionne, sourcils arqués :— « Ça ne va pas mieux ? »Mon cœur ne fait qu’un bond, un saut de géant dans ma poitrine. Record du saut en longueur pour cette année. Je ne sais pas si c’est un reproche, ni comment l’interpréter. Je bafouille :— « Je … Je … »— « Oui, je sais, Ludivine. Mais faut que tu te calmes, je ne suis pas un jouet. »Mon cœur s’arrête cette fois. Qu’est-ce que j’ai bien pu faire ? Je tente mollement de m’expliquer :— « Annabelle, ce n’est pas ce que tu crois. »— « Allez, ma puce, je te dis juste de ne pas jouer. Dis-le moi franchement. »Elle m’offre le droit à une réponse « J’ai envie de toi » mais que pourrais-je bien lui dire d’autre ? Je cherche vainement.Et soudain c’est le tourbillon. Avec un petit cri sauvage très félin, Annabelle me griffe le dessus de la main et se plaque contre moi. Je tombe sur le dos sur le plancher du palier. Elle passe ses cuisses de chaque côté des miennes et écrase son bassin contre le mien.Il faut, pour rajouter une larme de piment, que le ventre d’Annabelle mis à nu par son court débardeur vienne s’ajuster exactement sur ma propre peau, découverte par mon haut noir. Je dois avoir l’air ahuri le plus complet. Ma respiration se trouble, mes cils clignent presque convulsivement, mon regard ne pouvant se poser ni sur le plafond ni sur le visage de Babelle.Je passe en un instant du rôle de « morte de faim » à celui de biche apeurée qui galope pour échapper au loup. Mais la louve me retient et pose ses lèvres humides sur mon front. Elle sort un petit bout de langue qui fait pression sur ma peau. J’ouvre les yeux. Ceux d’Annabelle sont au-dessus des miens. Je ne peux pas parler. Elle saisit délicatement mon nez entre ses incisives et glisse encore sa langue pour exciter mes narines. L’instant tragique s’approche douloureusement.Il sera trop tard pour revenir en arrière ou dire « non, nous ne l’avons pas fait ! » Je me souviendrai toujours de ce moment délicat …Voilà … C’est fait … Annabelle pose ses lèvres sur les miennes et entrouvre la bouche pour épouser la mienne. C’est délicieux. C’est tiède, humide et collant, c’est tellement profond que ça me semble infini. Ma langue serpente entre ses dents et aiguillonne la sienne. Tendue, battante. Je pousse puis me laisse faire, résiste puis m’offre. Nos lèvres se cherchent. Mon ventre pétille. Je dégage difficilement mes mains de l’amas de tissus empêtrés pour les glisser dans la chevelure de ma sœur. Elle écrase sa poitrine sur la mienne, nos seins se tourmentent. À bout de souffle, je me dégage de son baiser avec un petit bruit humide et aérien. Je cligne encore les yeux pour disperser le brouillard émotionnel et Annabelle murmure :— « Bien joué, ma puce. »Nouvelle explosion dans ma chair. Des pas résonnent dans l’escalier, Annabelle se redresse en s’appuyant sur ses paumes, elle tente de se dégager mais Danielle surgit sur le palier. Elle nous dévisage bouche bée. Je tourne la tête difficilement pour l’apercevoir à l’envers et lance d’une petite voix (qui se voulait ton enjoué) :— « On ramasse les cahiers d’Annabelle, cette saloperie de sac à lâché. »Pas dupe pour deux sous, Danielle s’offusque :— « Mais qu’est-ce qui se passe ici ? Ne me prenez pas pour une conne ! »Usant de notre grade de « filles de ses employeurs » et animées d’une symbiose gémellaire, nous répliquons d’une même voix :— « Mêle-toi de ce qui te regarde, ok ? »— « Mêle-toi de ce qui te regarde, d’accord ? »Annabelle se lève, me permettant de me dégager, je l’agrippe par le poignet et l’amène dans ma chambre. Danielle continue de brailler alors que le montant claque sèchement.Toujours animée de notre désir qui ne cesse de monter en puissance, Annabelle m’agrippe par le débardeur entre mes seins et me balance contre le montant de la porte. Le choc produit un bruit sourd et expulse l’air de mes poumons. Elle me capture ainsi entre elle et le panneau, verrouillant la prise en posant ses mains sur la porte de chaque côté de ma tête.Elle recommence à m’embrasser le front, dévorant tout sur son passage, mes paupières fermées, mon nez, mes lèvres puis mon menton qu’elle mordille. Je suis presque apeurée de voir avec quel tact elle mène la danse. Ses mains virevoltent et atterrissent sur mon coin de ventre dénudé. Elle soulève le tissu jusqu’à mes seins et se laisse choir à genoux. Son visage se plaque contre mon ventre brûlant. Mon Dieu, que c’est bon !Ses sourcils durs qui agacent ma peau, ses cils qui se font plumes pour envoûter ma chair et ses lèvres … Argh … Ses lèvres fermes et collantes s’en vont chasser autour de mon nombril, m’arrachant un petit cri sourd. Elle arrête son périple exaltant et se redresse. Parlant tout contre ma bouche elle questionne :— « Qu’est-ce que tu aimes plus que tout ? »Je réfléchis, apeurée. Survoltée. Comme si un orage grondait en mon corps. Et rétorque :— « Toi ! »Danielle frappe à la porte et continue à demander :— « Les filles, je veux vous voir ! »J’écarte Annabelle avec grâce dans un pas de ballet et entrouvre le battant :— « Fous-nous la paix, d’accord ! Oublie ce que t’as vu ! Ok ? »Je referme la porte et tourne la clef deux fois. Ma sœur est là, debout, les yeux embués par ma dernière parole que je répète :— « Toi ! »Je la pousse à reculons vers mon lit défait. Celui où elle s’est assise ce matin, où tout a commencé. Elle tombe adroitement sur l’épaisse couette et je m’allonge sur son corps.Je l‘embrasse alors comme une folle, encore et encore, possédant ses lèvres, sa langue, sa salive. Je tâte ses joues, son palais. Mes mains se promènent dans une pagaille de cheveux châtains. Je tente de retirer son débardeur dans les règles de l’art mais il résiste. Mes ongles griffent son ventre dur et le tissu cède dans un crissement atroce. Elle pouffe de rire devant mes mains tenant chacune un morceau de débardeur. Ma bouche plonge dans sa poitrine, elle ne porte pas de soutien-gorge, comme à son habitude, crois-je savoir. Ses seins sont fermes et blancs, ils sont parsemés de tâches de rousseur. Je mordille son téton droit le faisant rouler tendrement entre mes dents.Je visite chaque parcelle de ses seins avec ardeur et volupté. Elle se laisse porter sur les flots et s’abandonne. Lorsqu’elle émerge un court instant elle m’implore :— « Déshabille-toi chérie … »Je me redresse pour ôter mon débardeur et mon soutien-gorge. Annabelle se livre à un jeu de langue sur ma poitrine et je me retrouve bientôt le front perlé de sueur. Nos jeans cèdent devant nos mains affolées mais nous n’avons pas le courage de leur faire passer le cap des genoux. Engoncés dans ces entraves, nos corps roulent sur le côté. Je tire la couette sur nous. L’intimité brûlante avec ma sœur me convient bien, à elle aussi à en croire ses murmures de ravissement.La température monte encore dans notre caverne de tissu. Il y fait noir, mais je ne suis pas perdue, je suis les courbes rassurantes du corps humide de Babelle, le pli de l’aine, puis la face interne de sa cuisse du bout de la langue. Elle agrippe mes cheveux et tente de me faire happer son entrecuisse. En bonne résistante je continue ma progression vers les muscles de ses jambes.Sa cheville si douce … Je sens les veines saillir sur sa peau. Mes mains caressent ses cuisses moites. Je sens les poils de son bas-ventre flirter avec mes lèvres. Ma langue se jette dans l’abîme. Je remonte lentement le long de sa fente trempée. Pour la première fois je goûte son nectar féminin … Cette première fois qui en appellera tant d’autres. Son petit bouton se dresse hors de son écrin de chair alors que je le titille. J’entend sa respiration se faire de plus en plus profonde tandis que ma langue dardée viole l’entrée de sa chatte et s’enfonce dans sa vulve. Elle ne tente même plus de plaquer mon visage sur son sexe, ses mains traînent sur ma nuque … Elle sait que je ne m’en irai pas … Elle sait que jamais je n’arrêterai …Sa respiration se fait rauque et caverneuse sous les pénétrations de ma langue dans son vagin. Elle mord fermement la couette lorsque l’orgasme la saisit pour étouffer un long cri de délivrance. Je plaque ma bouche sur son sexe dégoulinant lorsque je la sens jouir … Ca y est … Oui … J’ai fait jouir ma sœur !!!Elle se livre avec un petit bruit, son ventre se tend vers moi et elle retombe. Je continue encore un peu et remonte vers elle, le menton brillant de sa magie humide. Je pose mes lèvres sur les siennes, elle ne dit rien.Trouvant encore la force d’honorer sa petite sœur, je sens ses doigts s’insinuer en moi avec délice. Depuis ce matin, j’ai envie de la sentir m’envahir. C’est chose faite. Son majeur et son index sont maintenant dans mon ventre et me masturbent tandis que j’étouffe mes gémissements en lui roulant une pelle profonde et baveuse. Son pouce se plaque contre mon clitoris gonflé a chaque va et vient de ses doigts. Babelle me pistonne énergiquement quelques minutes avant que je me sente partir à mon tour dans un orgasme salvateur. Ma mouille dégouline sur l’intérieur de mes cuisses. Je m’effondre telle une poupée désarticulée à ses côtés. Là où elle s’est montrée digne, je m’empresse de répéter :— « Oh ma Babelle … Annabelle, ma chérie … Tu m’as faite jouir comme jamais ! »L’émotion s’en va dans un feu d’artifice. Tout est rouge, rien ne va plus. Elle me prend dans ses bras, tout contre elle. Je me love dans l‘enclos de son corps. Elle embrasse ma joue longuement en me berçant. Elle me cajole. Elle me tient. Rien ne compte plus que ça … Nous tenir … Nous toucher … Nous caresser … Qu’allons nous devenir ?FIN

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